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Fleuron
du patrimoine naturel des Vosges Saônoises,
les tourbières sont les empreintes des
glaciers et des milieux humides. Les tourbières
sont remarquables, leur écosystème
ont une histoire de près de 10 000 ans.
Elles occupent une dépression imperméable,
formée par l'érosion glaciaire (dégel
du glacier du massif Vosgien), et sont soumises
à un microclimat particulier (il y fait
plus chaud l'été, mais plus froid
l'hiver) qui permet le développement d'une
faune et d'une flore exceptionnelle. Cette zone
humide évolue très lentement au
fil des siècles passant de l'état
de plan d'eau à la tourbière flottante
pour finir en une tourbière plus ou moins
boisée. La
végétation colonise progressivement
l'étang, puis
forme un radeau de plantes qui s'épaissit.
La matière organique s'accumule et sa décomposition
est ralentie par le manque d'oxygène et
les températures froides. La jeune tourbière
flottante atteint ensuite le stade de tourbière
plate ou "bas-marais", qui va
se surélever au-dessus du niveau initial
de l'étang, grâce à l'apparition
de mousses capables de retenir l'eau de pluie,
les sphaignes. Un kilogramme de sphaignes
peut retenir 10 litres d'eau ! Les jeunes
pousses surmontent les plus anciennes qui se tassent
lentement au cours des siècles. Le dépôt
de tourbe noircit, sa surface bombée devient
alors sèche... et la formation de tourbe
s'arrête.
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Il
existe une dizaine de variétés de
tourbières, dont les principales sont :
-
la
tourbière flottante, constituée
d'îlots de plantes colonisatrices qui
forment un tapis tourbeux à la surface
de l'étang.
-
la
tourbière plate, dite bas-marais,
s'alimentant d'eaux souterraines, riche en
matières nutritives et à la
végétation luxuriante.
-
la
tourbière bombée, ou haut-marais,
entretenue par les eaux de pluie, montre une
alternance de cuvettes inondées et
de buttes sèches.Sa végétation
est spécifique, due à la pauvreté
du sol.
-
la
tourbière de pente,
alimentée par une eau de source au
débit régulier. Son développement
est assuré par les matières
nutritives apportées par l'eau.
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Les
tourbières sont les reliques d'un paysage
qui recouvrait la quasi-totalité du massif
Vosgien après la déglaciation.
La tourbière garde en mémoire la
trace des colonisations passées, au fur
et à mesure de la formation de la tourbe,
en archivant les grains de pollen accumulés.
Dix centimètres de tourbe "racontent"
plus d'un siècle d'histoire ! véritable
musée vivant, la tourbière est comparable
à un fossile, elle a archivé les
paysages et les climats anciens, elle est également
un merveilleux réservoir scientifique.
Les tourbières du Rosely et de la
Grande Pile ont donné des éléments
très précieux qui permettent de
mettre en relief des séquences climatiques
pour l'Europe. La tourbière
de la Grande Pile est considérée
comme un des sites les plus importants d'Europe,
elle fait l'objet de recherches internationales
(Université de Louvain, de Marseille...).
Les tourbières du Plateau des Mille Étangs
racontent l'histoire et leurs noms sont liés
au milieu dans lesquelles elles évoluent
: la Rouge Faigne rappelle la couleur de
feu que prend la tourbière à l'automne,
la tourbière du Grand Rosely ou
les chevaux (en Allemand, cheval = Ross)
venaient s'abreuver le matin. Certains lieux-dits
et communes s'inspirent directement de la tourbière
qui s'y développe : Plainfaing signifie
surface plane humide, la Faigne est une
zone boueuse, de l'Allemand Fagna ou du
vieux français Fange. A Sèchemer,
un lac asséché à été
comblé par la tourbe. La Vologne
fait penser à la Linaigrette
, une plante des tourbières. A Rondfaing,
on trouve une tourbière bombée...
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| LA
FLORE |
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Les
tourbières du Plateau des Mille Étangs
abritent des espèces végétales
extrêmement spécialisées,
et exclusives de ces milieux. On y trouve une
variété unique en France
de mousses en lentes décomposition : la
Sphaigne
de Magellan de couleur rouge (qui forment
la tourbe).Plusieurs espèces de Drosera
vivent dans les tourbières bombées,
cette plante carnivore munie de tentacules sensibles
et mobiles est capable d'ingérer au cours
d'une saison quelque 2 000 insectes. Les Utriculaires,
elles, se nourrissent de petits invertébrés
qu'elles capturent dans l'eau. Ces plantes carnivores
se sont développées en raison de
la pauvreté d'éléments nutritifs
dans le sol. D'autres espèces végétales
ont choisi une stratégie d'entraide mutuelle
avec leur environnement, s'associant avec des
champignons pour absorber l'azote. Il s'agit d'espèces
de la famille des bruyères, des éricacées
naines : la Canneberge ou l'Andromède.
La Canneberge,
arbrisseau rampant, qui pousse habituellement
au-delà du cercle polaire, éparpille
ses fleurs roses en étoile a quatre branches
au mois de juin, et en automne, ces fleurs deviendront
des fruits qui se nomment Groseilles
des Marais. L'Andromède
est pourvue de superbes clochettes roses. Ces
deux plantes méritent le respect, ne serait-ce
que pour leur étonnante faculté
d'adaptation à un milieu aussi difficile
que celui des tourbières ! il ne faut pas
oublier les Linaigrettes
aux têtes cotonneuses, remarquables plantes,
qui parsèment de blanc les tourbières
du Plateau, la Violette
des Marais, très belle fleur en voie
de disparition, et le Carex,
qui masque dangereusement l'eau qui affleure sous
les sphaignes.
Ces
plantes sont fragiles, sensibles, et menacées
elles sont protégées, ne les cueillez
pas !
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Les
tourbières du Plateau des Mille Étangs
abritent une faune particulière, spécifique
au microclimat humide, froid et pauvre en éléments
nutritifs. Ces espèces animales se sont
adaptées aux tourbières.
De nombreux moustiques et insectes prédateurs,
comme la libellule vivent à proximité
des tourbières, des papillons uniques,
comme le Solitaire (Colias palaeno), un
merveilleux spécimen qui avait élu
domicile dans les milieux tourbeux, mais aujourd'hui
disparu en raison de la diminution des tourbières.
Beaucoup d'espèces animales ont bien du
mal à survivre, et certaines sont sérieusement
mises en péril. La faune résidente
se compose d'oiseaux ; comme le Traquet
tarier, des amphibiens tétrapodes ;
comme le Triton Alpestre (Triturus alpestris),
le Lézard
(Lacerta vivipara), les Grenouilles (Rousse, Verte),
les Crapauds. Des Serpents ; comme la Couleuvre
à Collier (Natrix natrix), aquatique et
pouvant atteindre 2 mètres de long, des
papillons ; comme le Nacré de la Canneberge,
dont la chenille se nourrit exclusivement de Canneberge,
le Daphnis,
le Vanesse aquilon, le Vanesse royale, le Lycène
hellé, des Libellules ; comme l'Aeschne
subartique, le Cordulie
alpestre, le Cordulie arctique...
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