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SERVANCE
70440
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Alt: 413m - Hab:980
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LA
GRANITERIE DU PONT DE MIELLIN
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La
Graniterie fut fondée en 1835 par
J-F Varelle, décédé le
3 décembre 1863, dont la monumentale stèle
au cimetière de Servance porte la mention
: "Il amena dans nos montagnes l'art de polir
le granit". L'entreprise resta dans la famille,
puis devint la société Varelle-Cathelin.
A la fin du XIXe siècle, elle fut rachetée
par Gustave Forel, qui la dirigea pendant
quinze ans. Le Morvan et Riboulet la modernisèrent
et l'équipèrent de nouvelles machines.
En 1939, en raison de la mobilisation, la fabrication
de monuments fut arrêté. Monsieur
Josserand, brodeur à Lure, racheta
l'usine et la revendit l'année suivante,
en 1940, à Monsieur Frechin, industriel
Vosgien. Ce dernier, céda la graniterie
à une dame de Giromagny (Territoire de
Belfort) qui la vendit à Alfred Clerget.
En 1963, la Madec racheta le site du Pont de Miellin,
et le transforma en centre de loisirs.
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Au
plein de son activité, la Graniterie employa
plus de cent ouvriers, sans compter les carriers
travaillant dans les villages. Le site du Pont
de Miellin n'avait pas été choisi
au hasard, il bénéficiait de la
proximité de deux cours d'eau, fournissant
la force motrice, et des carrières dans
lesquelles on extrayait le granit et le porphyre.
La turbine de l'usine était mue par l'eau
sortant d'une canalisation, issue du Saut
de l'Ognon et de la Doue de L'Eau (ou
ruisseau de Miellin) aux Cascades du Champé.
Des chenaux et des aqueducs avaient été
construits afin d'assurer une alimentation suffisamment
puissante pour pouvoir être utilisée
en permanence.
Le granit provenait, pour Servance, du
Magny-Maubert (hameau du village), pour Miellin,
des carrières du Revoineux, de la Roche
des Caves et de la Boussote, et enfin pour Ternuay,
du Tillet (deux carrières de porphyre vert)
et des Roches Tobon, d'où provint le porphyre
du tombeau de l'Empereur Napoléon.
Toutes ces carrières cessèrent leur
activité bien avant la fermeture de la
graniterie du Pont de Miellin, qui continua de
s'approvisionner dans les Vosges, en Bretagne,
dans l'Allier et à l'étranger (Suède,
Norvège, Finlande).
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Parmi
les réalisations les plus prestigieuses,
fabriquées à la Graniterie du Pont
de Miellin, citons :
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le
piédestal du tombeau de Napoléon
aux Invalides
-
vingt
colonnes de l'Opéra Garnier
de Paris, en granit rose de Senone (Vosges)
-
quatre
colonnes à Notre-Dame de la Garde,
à Marseille
-
le
Maître-autel de la cathédrale
de Rangoon, en Thaïlande
-
un
socle de monument pour Lima, au Pérou
-
52
colonnes pour le Palais Colonial de
Tervueren, en Belgique
-
les
monuments commémoratifs de la Libération
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L'EXTRACTION
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L'extraction
se faisait à la main, un travail colossal,
artisanal, et parfois dangereux. Ni perforatrices,
ni machines industrielles, il fallait donner 120
coups de masse pour avancer de 20cm,
et creuser ainsi les trous de mines. Au fond du
trou, était déposée de la
poudre noire, recouverte de papier, de tuile,
et de pierre friable. Puis la mèche lente
était allumée et les ouvriers s'éloignaient.
Ensuite, dans la fente, entre le bloc et la roche,
on plaçait des coins en fer et à
nouveau de la poudre. L'opération était
ainsi répétée jusqu'à
ce que le bloc se détacha complètement.
La ration de poudre était de plus en plus
importante, et pour la dernière explosion,
les ouvriers carriers se sauvaient à un
kilomètre !
Il fallait ensuite découper ces énormes
blocs intransportables en raison de leur masse.
Le travail se faisait en enfonçant des
coins dans des mortaises, il durait parfois plusieurs
jours. Les petits blocs étaient acheminés
jusqu'à la route à l'aide de treuils
; Georges Clavier (1898-1987), ancien directeur
de la Graniterie du Pont de Miellin raconte :
"J'ai vu, en 1907, de la carrière
de saint-Blaise
au village de Miellin,
descendre un bloc de 4m3 (16 tonnes) à
l'aide d'un treuil servi par quatre hommes. Ils
bloquaient le treuil sur le chemin avec des tiges
de fer, et tiraient le bloc en ligne droite, de
15m en 15m... Ils ont mis presque huit jours pour
arriver à Miellin.
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LE
TRANSPORT ET LA TAILLE
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Les
blocs de granit étaient transportés
par route sur des chariots spéciaux appelés
"malbroucks". Ils étaient
très bas, équipés de brancards,
placés sous les essieux. Tirés parfois
par quatre paires de boeufs, les blocs pesaient
jusqu'à 20 tonnes. Arrivés à
la graniterie, les blocs étaient transformés,
taillés, et gravés. On trouvait
dans l'usine des polisseuses, des tours, des meules,
mais l'essentiel du travail se faisait à
la main, avec une multitude d'outils contondants
et de marteaux : ciseaux, gouges, gradines, pointes,
bouchardes, gravelets, grattefonds, poinçons,
tamponnoirs.
Le premier travail consistait à dégauchir
le bloc, puis le tailler, le polir et enfin le
graver. La dorure terminait le travail, elle se
faisait à la peinture ou à la feuille
d'or. Certaines pièces, plus précises,
demandaient l'intervention d'ouvriers spécialisés
dans la sculpture. Ils partaient d'une maquette
en plâtre fournie par un artiste, et la
reproduisait avec un trusquin spécial,
devenant eux aussi des artistes, dont de nombreuses
oeuvres ornent les cimetières.
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