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SERVANCE
70440
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Alt: 413m - Hab:980
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Servance
est parsemé de morceaux d'histoire qui
marquèrent la vie du village. Partez à
la découverte d'événements
et d'aventures, qui firent de Servance la plaque
tournante du Plateau des Mille Étangs
!
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LE
CAMP DES "BOCHES"
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L'Armée
Française avait implanté à
Servance un camp de prisonniers Allemands durant
la guerre 1914-1918. Dans ce "camp des
Boches", on traitait de la pierre extraite
sur place, très utilisée pour le
remblais des chemins de fer et des routes. La
pierre, de nature porphyrique était dure
et résistante. Le camp datait de 1916,
entouré de barbelés, il comportait
des baraquements pour loger 300 prisonniers et
leurs gardiens. On trouvait également une
cantine, située en bord de route, et un
raccordement au petit train "Lure-Le Thillot",
appelé
"Le Tacot", qui amenait les prisonniers
et évacuait les extractions de pierres.
Un concasseur mû par une machine à
vapeur, broyait la pierre extraite de la montagne
à la dynamite, et des wagonnets ramenaient
le tout. L'eau utilisée était prélevée
en amonts des cascades de la Doue de l'Eau.
Le camp disposait de deux "poudreries",
pour stocker la dynamite, et une forge pour les
travaux d'entretiens, situées aux "Rondes
Planches", à l'entrée de
Servance (matérialisées par un panneau
lieu-dit bleu). On trouve encore dans la forêt,
les massifs en ciment (recouverts de végétation)
du socle de la machine à vapeur, et des
murs d'une poudrerie. Après la guerre,
les prisonniers Allemands furent remplacés
par des prisonniers de "droit commun",
plus craints par la population de Servance !
Le camp fut fermé en 1922, les baraquements
et barbelés furent cédés
à bas prix aux paysans du voisinage. Une
société Vosgienne reprit l'extraction,
puis les Ponts et Chaussées, et la fermeture
définitive fut prononcée en 1936,
peut-être liée à la suppression
du "Tacot".
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LE
BARRAGE DU MENISOT
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Avant
la guerre de 39-45, le tissage, dont l'activité
remonte au début du siècle, disposait
de deux sources d'énergie : une machine
à vapeur, et deux turbines qui utilisaient
la force motrice de la rivière "la
Vanoise", affluent de l'Ognon. Un petit
barrage existait alors, plus en aval que celui
"du Menisot" actuel. L'électricité
produite alimentait le tissage, le quartier des
cités, et une partie de Servance. Le directeur
du tissage chercha à acheter des terrains,
en vue de construire un barrage de plus grande
capacité. Les travaux de construction démarrèrent
en 1942-1943, puis s'arrêtèrent
lors de la déportation, par les Allemands,
du chef de chantier, Monsieur Mauffrais
(de Faucogney). La construction reprit en 1946,
avec "l'aide" de prisonniers Allemands,
et des moyens rudimentaires, à base de
wagonnets, chariots, brouettes...
Le barrage fut mis en eau en 1949, les
turbines n'avaient pas changé, mais le
barrage leur garantissait un débit d'eau
plus régulier. Le plan d'eau ainsi réalisé
était la grande distraction de Servance,
on s'y baignait, malgré l'interdiction,
on y pêchait le poisson ou la grenouille,
les berges étaient couvertes de promeneurs,
et le barrage servit de base d'entraînement
pendant plusieurs années, à une
équipe de canoë-kayak de haut niveau.
La Madec (entreprise locale, toujours présente
à Servance) racheta le tissage et toutes
ses dépendances en 1962. En 1990,
une crue importante faillit emporter le barrage,
on ouvrit les vannes de vidange qui ne furent
jamais refermées. La digue, en terre avec
parement intérieur en béton, ne
résista pas à l'usure du temps.
La remise en eau aurait nécessité
une reconstruction jugée trop onéreuse,
à la demande du département, la
Madec procéda à l'ouverture d'une
brèche, pour permettre l'écoulement
normal de la rivière. Le barrage du
Menisot était un site majeur du patrimoine
de Servance, il est toujours visible, à
sec, mais bien présent !
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