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le plateau  

LA MONTAGNE DE TERNUAY

 

le Monument des Fusillés

Le matin du 1er août 1944, vers 3h30, huit cent Allemands débouchèrent en camion à Ternuay, au lieu-dit "Roche-Fendue". Ils réveillèrent Jules Tisserand et l'obligèrent à les conduire, pour leur indiquer le chemin de la Montagne. Arrivés à l'entrée du chemin, ils contraignirent Georges Juif et Paul Pelletey à les accompagner. Georges Juif connaissant mieux le pays, marcha en tête d'une section de trente soldats. Le reste de la troupe suivait à bonne distance. On traverse le bois dans la nuit ; l'officier Allemand demande à Mr Juif si il y a des maisons. Oui, dit-il, à droite dans le pré, il y a une maison inhabitée. Les soldats encerclent la bâtisse, comptant "trouver" la Résistance... Mais ils ne trouvent rien !
Le tout dura une demi-heure, Mr Juif ne se presse pas de reconduire la troupe, il veut gagner du temps. L'officier s'impatiente, et l'oblige à se presser. Le jour commençait à poindre : "Arrêtez-vous à huit cent mètres de l'école" dit le gradé... Les soldats allemands se dispersent et encerclent la Montagne, seule une section continue d'avancer, jusqu'à trois cent mètres de l'école... Les Allemands se mettent alors à tirer dans tous les sens, à travers le brouillard intense de ce matin d'août. La Résistance riposte faiblement, surprise par l'assaut, elle s'enfuit dans les bois. Seule la sentinelle, est blessée à l'épaule. Les Allemands envahissent alors les maisons, la plupart des habitants sont encore couchés, il est 6 heures du matin (heure allemande). Les hommes sont emmenés devant la maison d'Eugène Grandmougin. Quatre sont liés deux à deux : Pierre Grandmougin et Auguste Martin, Auguste Jeanroy et Marcel Claudel.
Ensuite le pillage commence, les soldats s'emparent de tout : argent, linge, vêtements, eau-de-vie, poules, lapins et toutes les denrées... Le bétail est lâché et réquisitionné. Si quelqu'un résiste, il est alors brutalisé. Arthur Lamboley reçoit un coup de crosse dans la mâchoire, et Julia Jeanroy en pleine poitrine. Dix maisons seront pillées. Après le pillage, l'incendie... Les foins viennent d'être rentrés, bientôt la Montagne n'est plus qu'un immense brasier, douze maisons flambent, y compris celle qui abritait la Résistance. Tout le flanc Nord de la Montagne est en feu, et on aperçoit le brasier depuis Ternuay.


les hordes nazies

Comme il y a un soldat allemand de tué et cinq de blessés, cinq hommes du village seront fusillés après avoir été brutalisés... Abel Grandmougin (61 ans) père de sept enfants et son fils Pierre (25 ans), qui était prisonnier libéré, seront fusillés sous un pommier à 50 mètres de leur domicile. Auguste Jeanroy (45 ans), Pierre Grandmougin (35 ans), Marcel Claudel (23 ans), après un simulacre de jugement, ont été fusillés dans un pré sur le bord d'un champ de pommes de terre...
A midi, un officier Allemand vint trouver M. Pernot, maire de Ternuay pour lui demander de faire enterrer sur place sans cérémonie, les Français tués. Il lui donne l'ordre de grouper et de nourrir le bétail des maisons brûlées et de les tenir à disposition des soldats. Le soir, quand cinq cercueils furent prêts, le maire, le curé et les menuisiers montèrent à la Montagne, pour procéder à une inhumation provisoire dans une fosse commune près de l'école. Les parents des victimes en habits de travail, n'ayant plus d'autres vêtements, assistèrent à la "cérémonie".
Les maisons finissaient de brûler, il ne montait plus dans le ciel qu'une épaisse fumée, dont l'âcreté vous piquait la gorge... Le 1er août 1944, fut un grand jour de deuil pour la Montagne de Ternuay. Le 13 août suivant, les Allemands fusillèrent Georges Juif qui leur avait servi de guide sur le chemin de la Montagne, et son fils âgé de 25 ans...


 

Aujourd'hui, en plus des douze maisons brûlées dont une seule a été reconstruite, cinq autres ont été abandonnées... Le village se compose actuellement de l'école et de trois maisons habitées par dix-huit personnes.








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