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la scierie et sa roue à aubes



le plateau  

SCIERIE MARTIN (SERVANCE)

 

la scierie Martin avant rénovation

Avant d'arriver à Servance (D486) en provenance de Lure, prendre la route à droite, direction Miellin (D133). Suivez le long de la Doue de l'Eau, jusqu'à "La Grève" (commune de Servance). Vous apercevez au bord de la route, un "haut-fer", une scierie qui fonctionne avec une roue à aubes ; la scierie Martin est le témoignage d'un patrimoine largement répandu dans la Vallée de la Doue de l'Eau au début du XIXe siècle. En 1940, onze scieries s'échelonnaient sur les six kilomètres qui séparent Servance de Miellin. La scierie avait été déplacée du Larmet (commune de Fresse) à "La Grève" en 1872, par Constant Martin alors qu'elle était à l'abandon. Elle connut trois générations de Martin ; Louis, petit-fils de Constant la fit fonctionner pendant trente ans jusqu'en 1979, date de la fermeture des vannes.

 


UNE SCIERIE SAUVÉE DE L'OUBLI

la scierie Martin rénovée

Georges Tuaillon qui habite l'ancienne école de "La Grève", non loin de la scierie Martin, l'a achetée en 1991 avec l'intention de la restaurer. "Jojo", pour les intimes est très connu dans le secteur pour son amour des Vosges Saônoises, son histoire et sa nature. Georges Tuaillon a également implanté une magnifique pisciculture de montagne, un élevage de truite dont la qualité est exceptionnelle. Il est fortement conseillé d'acheter quelques spécimens de salmonidés, pour une dégustation mémorable !
Lors de son acquisition par Georges T. la scierie était en ruine, lovée dans un creux de montagne, bercée par le bruissement de l'eau, elle était vouée à disparaître. Un énorme travail de rénovation fut entreprit avec quelques amis, deux années de passionnant labeur pour reconstruire ; le traditionnel bâtiment en bois, la toiture, l'arbre de transmission, le mécanisme de coupe (entièrement refait sur le modèle d'origine moyenâgeux), la prise d'eau, le barrage (subventionné par le Parc des ballons des Vosges), une vanne pour réguler le débit de l'eau, une digue neuve a été élevée ainsi qu'un canal d'amenée depuis la rivière.


LA ROUE A AUBES

la roue à aubes

La roue à aubes était "le gros travail" !
Aidé de son fidèle ami, Jean Pheulpin (1928-2001) menuisier-ébéniste retraité, les deux hommes ont construit une roue à aubes neuve de quatre mètres de diamètre, et un mètre-vingt de largeur. La fabrication a pris plusieurs mois de travail sur les loisirs de nos deux compères... La roue devait être équilibrée au maximum et tourner "rond". Elle actionne le mécanisme de coupe, mais à la différence des autres, elle ne dispose que d'une faible hauteur de chute d'eau, deux mètres environ. Ce qui explique son emplacement sur le côté de la scierie, et le fait qu'elle tourne dans le sens contraire d'une autre roue, dispositif original datant de 1893, date à laquelle Jean-Baptiste Martin , paysan-irriguant est devenu "sagard", c'est à dire artisan-scieur.

 

la roue Jean rénovée

La belle roue hydraulique transforme l'énergie de la chute d'eau, en un mouvement rotatif qui est transformé en un mouvement de va-et-vient vertical, par une bielle appelée "haut-fer". La grosse lame de scie se déplace verticalement (en va-et-vient), ainsi que le chariot portant et avançant la grume durant le sciage. La roue à aubes fut assemblée au fur et à mesure de sa construction à l'atelier, elle a été vérifiée, ajustée puis démontée pour être remontée à sa place de travail, sur le côté de la scierie. La mise en route ou l'arrêt sont commandés depuis la place du scieur, par une tringlerie commandant une vanne d'arrivée d'eau à la roue et une autre vanne permettant l'évacuation de l'eau pour arrêt.
La scierie Martin-Tuaillon fait partie de notre patrimoine local, vestige émouvant d'un passé nostalgique, elle fonctionne à l'ancienne, du temps des hommes du siècle dernier. Aujourd'hui, grâce à Georges Tuaillon, travailleur infatigable et bricoleur de génie, la scierie Martin a repris son activité pour des démonstrations de coupe, des explications sur la vie d'une scierie d'antan par le biais de panneaux explicatifs, déployés et implantés in-situ, au cours de la visite au public, pour vous faire revivre, tel un véritable musée, l'activité d'une scierie de montagne de la première moitié du vingtième siècle.

 

Bonne visite !

Georges Tuaillon







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