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CHATEAU-LAMBERT
70440
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Alt: 700m - Hab:23
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Véritable
hameau de montagne, niché au pied du Ballon
de Servance, et regroupé autour d'une
magnifique chapelle datant de 1616. Le village
est "rattaché" depuis 1972 à
Haut-du-Them. A Château-Lambert subsistent
les entrées des puits de mines de plomb
argentifères et de cuivre, longtemps exploitées.
Le village a été classé site
protégé. Autour d'une jolie place,
quelques maisons et le très beau Musée
de la Montagne. Château-Lambert connut
une démographie fluctuante liée
à l'exploitation minière, qui débuta
au XIVe siècle (1374), sous le règne
des ducs de Bourgogne, avec l'extraction du cuivre.
Des mineurs venaient d'Autriche, d'Allemagne,
de Giromagny (Territoire de Belfort), et d'Auxelles
(Haute-Saône). L'exploitation reprit sous
le règne de Louis XV de 1730 à
1758. Pendant dix ans, les mineurs locaux continuèrent
l'exploitation, et une tentative de relance se
fit de 1896 à 1920, puis de 1936 à
1944 pour le molybdène. Depuis 60 ans l'activité
à complètement cessé, entraînant
une diminution de population. Au début
du XIXe siècle, le village comptait 300
âmes, pour 20 habitants en 1970.
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A
l'origine, il n'y avait qu'une chapelle dédiée
à Sainte-Barbe, patronne des mineurs.
En 1616, fut "érigée aux frais
des Rois d'Espagne", comme on peut le lire
sur la pierre gravée à l'entrée,
l'église actuelle, qui prit le titre de
la paroisse-mère de Servance : Notre-Dame
de l'Assomption.
L'Infante Isabelle et son époux
l'Archiduc Albert l'enrichirent et s'engagèrent
à pourvoir à ses besoins, en réparations
et en chapelain. En 1642, elle portait le nom
de "Cure royale" et le curé
celui de "Chapelain royal de la Cour d'Espagne",
qui avait le droit de dire la messe chaussé
de bottes à éperons, et de porter
les armes au côté. L'ouvrage est
doté d'un clocher carré à
toit bulbeux à la base, couronné
d'un pavillon à huit pans. Le portail d'entrée
est gravé des inscriptions suivantes :
"666 1616 PM", l'origine est
inconnue, peut-être les initiales de Philippe
III d'Espagne ?
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La
nef est unique, rectangulaire, éclairée
par quatre baies en plein cintre, avec un chevet
plat aveugle. Des piliers en bois massif supportent
la charpente, jadis apparente et aujourd'hui cachée
par un plafond. Le maître-autel, sculpté
d'un bas-relief, représente l'Enfant
Jésus portant le globe terrestre. Le
retable est formé de deux grandes colonnes
torses à pampres, encadrant une toile représentant
l'Assomption de la Vierge. Dans les angles,
posés en biais, deux autels latéraux
à retables sculptés forment avec
le maître-autel un ensemble baroque somptueux
(XVIIIe siècle). Celui de gauche accueille
une superbe statue de Notre-Dame des Sept Douleurs,
appelée "La Bonne Vierge du Château",
offerte en 1839 par la Reine Marie-Amélie
Bourbon des Deux-Siciles, épouse de
Louis-Philippe, Roi des Français
(1830-1848). Notre-Dame des Sept Douleurs fut
offerte aux trois paroisses les plus pauvres de
France. L'autel de droite a perdu sa décoration
en l'honneur de Sainte-Barbe pour laisser place
au Sacré-Coeur en 1882, don de l'oeuvre
des statues, à Paris. La chaire en bois
sculpté (XVIIIe siècle) représente
les évangélistes entourant le Christ
porteur de la Bonne Nouvelle, des anges complètent
la sculpture. Des peintures populaires datant
du XVIIIe siècle, des croix diverses (XVII
et XVIIIe), et les statues de Sainte-Barbe
(patronne des mineurs) et de Saint-Antoine
(ermite, protecteur des troupeaux et des pâturages),
datant du XVIIe siècle, enrichissent le
site. Une cloche date de 1742 et porte l'inscription
: "j'ay eust pour parrain messyre Estienne
Laloz curé de Château-Lambert dépendant
de al nomination du roy, pour marraine Dame Jeanne
Françoise de Pointes, dame de Servance.
Ma soeur (fondue à la Révolution)
et moi, par notre son, donnons la terreur au démon",
Une deuxième cloche a remplacé la
disparue. N'oubliez pas de visiter le cimetière
attenant à l'église, où s'alignent
les tombes des Castel-Humbertiens, autour
d'une croix en fer forgé de 1743 portant
les initiales L.R, l'une des rares croix portant
encore les fleurs de Lys. En bas du sanctuaire,
près des entrées de mines, l'oratoire
est dédié à Saint-Antoine
(1616).
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MUSÉE DÉPARTEMENTAL DE LA MONTAGNE
( CHATEAU-LAMBERT)
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Le
Musée évoque la vie traditionnelle
du paysan-mineur des Hautes-Vosges. Vie
rude, parfaitement retracée par Albert
Demard, fondateur du Musée en 1977.
Sachez que le paysan de montagne portait une hotte
appelée "cratch", pour
le transport du foin à dos d'homme. Les
gens de Haut-du-Them
partaient couper l'herbe sur le Ballon
de Servance, à deux heures et demie
de marche et revenaient chargés de 80 kilos
de foin, en ballot haut de deux mètres.
Deux domaines sont traités, la vie d'une
ferme de montagne et les métiers de la
forêt. Ne passez pas à côté
d'une visite remarquable et riche en enseignement
sur la dureté de l'activité des
paysans d'autrefois. Trois parcelles ont été
replantées en seigle, sarrasin et en millet,
ce sont les céréales des pauvres,
elles étaient conservées dans un
grenier à grains annexe à la ferme,
appelé "le chalot". Sur
un terrain accidenté, proche de la forêt,
des huttes reconstituées par l'ONF présentent
les métiers de la forêt : le sabotier,
le pelonnier, le bûcheron du Ballon de Servance,
le charbonnier, le leveur d'écorce, le
schlitteur, le scieur de long. Un bâtiment
abrite "le moulin des Evaudois"
(XVIIe siècle) aux engrenages tout en bois,
déplacé de 8 km, il a été
remonté pièce par pièce.
Sur un autre site, la scierie à roue à
aubes, le chemin de schlitte, la hutte du sabotier,
la forge... Denis Mougin, responsable des
lieux, vous guidera à travers un espace
naturel qui vous émerveillera, tout comme
les 16 000 personnes qui visitent le musée
chaque année.
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La
visite de la ferme du Musée commence par
la cuisine, peu éclairée, équipée
d'un four à "quatre marmites"
qui remplaçait peu à peu la traditionnelle
cheminée. Peu de meubles, un pétrin
"le mâ" servant de table
et de garde-manger. On passe de la cuisine au
poêle, pièce du maître où
on reçoit les hôtes, et qui , les
jours de fêtes sert de salle à manger.
C'est le centre de vie de la maison, lieu de rencontre
et de recueillement, ici sont entreposés
les souvenirs familiaux et l'on trouve les plus
beaux meubles. Puis vient l'étable, qui
s'enfonce dans le sol pour abriter du froid les
vaches et les chèvres. Les ouvertures sont
réduites, et les animaux vivent dans une
quasi-obscurité. Au premier étage,
deux chambres, dont l'une possède un métier
à tisser. Le mobilier est plus que modeste,
le lit est une caisse remplie de paille (ou une
paillasse remplie d'herbe), sur laquelle est tendue
un drap épais en toile, pas de couverture,
mais un vaste édredon rempli de plumes.
Le grenier permet d'exposer le matériel
agricole original de la montagne : l'araire ou
graté, la herse triangulaire à dents
de bois, les faucilles, râteaux de bois,
fléaux, civière à herbe ou
boya, hottes à foin ou cratch's. La grange
avec un sol en terre battue sert à remiser
le chariot qui est très petit dans la montagne.
Vous visiterez également les ateliers du
cordonnier, du tisserand, et l'école de
la montagne qui évoque une période
allant de 1870 à 1914.
Découvrez un espace de conservation du
patrimoine rural et humain exceptionnel. Un voyage
au coeur de la tradition populaire, ou vous admirerez
tous ces trésors qui ont peuplé
le vécu des montagnards des Vosges Saônoises.
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