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Le Col des Croix et La Vierge des Neiges (Chastel-Humbert)



le plateau

COL DES CROIX

Alt: 758m

 

Col des Croix

Le Col des Croix, anciennement appelé, "le Pertuis de l'Etraye" est l'emplacement géographique entre la Franche-Comté et la Lorraine. Le sommet du col est encaissé entre "la Motte des Deux Croix" (753 mètres), située sur la droite (D16 ) en venant de Servance, où a été érigée la statue de Notre Dame des Neiges (sur l'emplacement de l'ancien château), et la "Tête de l'Ours" sur la gauche (D57 route des Forts) en provenant de la même direction, où fut construit après la guerre de 1870, le fort de Coulaincourt, dit fort de Château Lambert. A voir au Col des croix, le magnifique point de vue sur les vallées de la Moselle et de l'Ognon. A cet endroit est signalé la ligne de partage des eaux : Méditerranée et Mer du Nord. Prenez la D16 en direction de Château Lambert, pour visiter le Musée de la Montagne, les entrées de puits de mines, la superbe église. La route mène au Ballon de Servance, point culminant de la Haute-Saône (1216 m), en passant devant la source de l'Ognon (1060 m), balisée par un calvaire.


LA VIERGE DES NEIGES

Alt: 808m

 

Notre Dame des Neiges bras ouverts vers ses enfants du haut-Ognon

La Vierge des Neiges surplombe les vallées de l'Ognon et de la Moselle. Située au sommet de la "Motte des Deux Croix" (l'accès se fait par un petit chemin herbeux) sur la D16 (à droite du col des Croix), la statue fut érigée en 1855 par les habitants de Château Lambert, pour remercier la Vierge de les avoir épargnés lors de l'épidémie de choléra de 1854 (la statue fait 2,50 m de hauteur, reposant sur un socle aussi élevé). La famille régnante d'Autriche participa à la donation pour la somme de 50 ducats d'or. Notre-Dame des Neiges, baptisée ainsi en raison de son implantation sur un sommet longtemps enneigé, fut abattue par un orage en 1970, et rapidement reconstruite dans sa structure actuelle. Une table d'orientation permet de s'orienter avec précision, cependant un mystère demeure quant à l'altitude, car on découvre sur la carte et sur le site même, que l'on parle de 808 m, et sur la table d'orientation de 763 m. La Vierge fut érigée sur ce haut lieu où se dressait jadis, le château (XIIe siècle) qui donna son nom au village. Mais à l'origine, il y avait un fortin de vigie établi par les Romains pour surveiller la voie romaine passant au col. En escaladant le rocher on comprend pourquoi un château siégeait ici, le superbe panorama s'ouvrant sous les yeux démontre l'intérêt stratégique du site. Autrefois deux voies permettaient de passer de la Comté à la Lorraine. L'une d'elles empruntait l'antique voie romaine venant de Séquanie et franchissait le Pertuis de l'Etraye, que l'on nomma, à partir du XIXe siècle, le Col des Croix. Chaque franchissement était soumis à taxation, un droit de péage que devaient acquitter piétons, cavaliers, et conducteurs de voitures. C'est pour faire respecter ce "péage" et surveiller ces voies que furent construites deux forteresses au XIIe siècle, dont celle du Pertuis de l'Etraye, dirigée par les sires de Faucogney, vicomtes de Vesoul, et appelée "Castrum Humberti" puis "Chastel-Humbert" qui par altération phonétique, se transforma en "Chasteau-Lambert" à la fin du XVe siècle.


Panorama stratégique de la Motte-des-Deux-Croix

De là, la vue s'envole sur la vallée de la Moselle, le village de Château Lambert, les vallées de Servance et des Mille Étangs. Surnommé le Trou de l'Enfer, le remarquable panorama vous laissera bouche-bée. Le Chastel-Humbert consistait en une tour quadrangulaire, entourée d'une ceinture de murailles. La porte principale à pont-levis, s'ouvrait face au Ballon de Servance et au village actuel. Au nord, se trouvait un puits très profond. La tour était surmontée de trois "chaffauts ou eschiffes", sortes de guérites en bois pour loger les soldats chargés du guet. Une guérite était dirigée vers la porte principale, une autre vers le Val de Servance, et la troisième vers la vallée de la Moselle.

 
 

le Col des Croix

Henri de Faucogney habita le Château au XIVe siècle. Il prit part au combat opposant la ligue des barons Comtois, au duc de Bourgogne. Othès de Vaîtes, allié du Bourguignon, s'empara du château en 1341. En 1347, ce dernier fut repris, et retourna à la Maison de Faucogney. Henry de Faucogney fut tué à la bataille de Poitiers en 1356, sa veuve, Jeanne de Blamont, maria sa fille à Jean de Neuchâtel qui devint Seigneur de Chastel-Humbert. A la mort de Jeanne de Blamont, le chastel et les terres de Faucogney furent vendues pour 200 000 écus d'or au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, le grand ennemi du chastel. L'ouvrage, en très mauvais état suite aux multiples combats, fut réparé. Murs renforcés, toitures remplacées, cheminées rénovées. Les troupes de Louis XI attaquèrent à nouveau la forteresse en 1479, le combat demeura longtemps incertain, mais Guillaume de Vauldrey qui défendait la place dut s'incliner. Il se réfugia à Faucogney, où les troupes françaises le firent prisonnier. Il fut décapité à Luxeuil-les-Bains sur ordre du Roi, qui voulait intimider la noblesse. Le Roi fit raser Chastel-Humbert et la forteresse de Faucogney, qui fut reconstruite, et opposa aux troupes de Louis XIV, en 1674, la résistance que l'on sait. Quant à Chastel-Humbert, il ne se relèva plus de cette dernière bataille, il sombra en ruines et disparut complètement vers 1643.

 
 
Le Col des Croix actuel le Col des Croix jadis

Chastel-Humbert au XIIe siècle








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