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Servance > l'église | autrefois | morceaux d'histoire



le plateau  

SERVANCE 70440

Alt: 413m - Hab:980

Servance depuis le Serroux

Le village de Servance est au coeur du Plateau des Mille Étangs. C'est la deuxième commune de Haute-Saône pour la superficie (3 924 hectares). Situé entre forêts, pentes du Ballon de Servance, sources et chemins escarpés serpentant dans les Vosges Saônoises, son territoire est très prisé des randonneurs sous toutes formes, pédestres, équestres ou à VTT. Le village connu de grandes mutations, l'activité agricole a été quasiment abandonnée, six exploitations agricoles subsistent, on ne tirait que du seigle et des pommes de terre de champs agrippés aux versants, qui ne supportaient pas de mécanisation. Le sapin accroît son emprise, le paysage se referme, les prairies disparaissent, mais d'un autre côté la qualité de vie, et la richesse du patrimoine est exceptionnelle, et ça et là, dans les "dessus", Suisses ou Allemands transforment en résidences secondaires (142 sont dénombrées) des fermes désertées, des gîtes ruraux sont développés... Servance joue maintenant la carte du tourisme !


LE BLASON DE SERVANCE

le blason de Servance

Le blason de Servance figurant au fronton de la mairie, a été adopté lors de la réunion du conseil municipal du 16 novembre 1902, placée sous la présidence du maire, Marie-Eugène-Alphonse Guingot. Sa définition héraldique est : "écu, coupé d'argent et de gueules, portant un cerf en chef saillant de l'un en l'autre, heaumé d'un cerf issant et ayant deux sauvages pour tenants".
En héraldique, "gueules" désigne la couleur rouge, et "argent" le blanc. Les "sauvages" armés de massues tenant "l'écu" symbolisent la force et le courage. Le "heaume" surmonté d'un "cerf issant" (seule la partie supérieure du corps est représentée), était l'attribut personnel du blason du Chevalier de Servans (XIVe siècle), dont sont inspirées les armoiries de Servance. Les Héraldistes chargés d'établir le blason en 1902, ont confondu la famille de Servance (Haute-Saône), avec une famille noble du Chablais, tirant son nom de Cervens, un village proche de Thonon. Les armoiries proposées et retenues seraient donc totalement fantaisistes !
La devise du village, qui surmonte le blason "Patrum et Patriae Honorem Servans" signifie : "Des anciens et de la patrie conservant le culte ou le respect", joue sur le sens et la consonance du mot Servans.


L'ÉGLISE DE SERVANCE

Notre-Dame de l'Assomption de Servance

L'église date de 1689, elle a été construite 74 ans après l'incendie de l'ancienne église, après une longue période de guerres, accompagnée de famines, pillages, incendies d'églises et épidémie de peste, défigurant la Franche-Comté. La paix revenue en 1678, et la Franche-Comté rattachée à la France, permirent la reconstruction du village et des églises. A Servance, comme pour la plupart des églises du pays, le financement des travaux et l'achat du mobilier ont dû être assurés par les dons des paroissiens et la vente de bois communaux. L'église de Servance est en grès des Vosges, de forme rectangulaire. A l'avant, un clocher-porche, à l'arrière, un choeur à chevet plat. Le clocher, avec fenêtres à abat-son contient quatre cloches : trois datent de 1860, et une de 1965. Les trois portes de la façade donnent accès à la nef, et à deux bas-côtés.
A l'intérieur, six colonnes cylindriques à chapiteaux ronds et deux colonnes à fûts carrés. Les colonnes sont reliées par des arcs en plein cintre et des voûtes d'arêtes.

Vous trouverez à Servance, un livret-guide sur l'église et son retable baroque. Richement illustré et très documenté, ce livret détaille de façon précise la chaire (XVIIIe siècle, classée Monument Historique), les décorations, gravures, statues, vitraux, colonnes, autel (classé Monument Historique en 1969), escalier, portes, calvaires et tableaux, qui ornent la magnifique église Notre-Dame de l'Assomption de Servance, symbole même d'une église de la contre-réforme.


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SERVANCE AUTREFOIS > Les brodeuses > Antan

 
les brodeuses

Les brodeuses faisaient partie du patrimoine de Servance, beaucoup de familles vivaient péniblement de l'agriculture de montagne, et la broderie, activité annexe "mettait un peu de beurre dans les épinards". On y faisait du travail sur filet, sur tulle, de la broderie de jours ou de barrettes, et sans doute la plus prisée de toutes, la dentelle de Luxeuil-les-Bains. Profitant des longues veillées d'hiver et de quelques moments de loisirs, les brodeuses exécutaient des travaux commandés par des "entrepreneuses" du village, elles-mêmes en liaison avec les maisons-mères de Lure ou de Luxeuil. Elles remettaient aux brodeuses, les fournitures et le dessin-motif de la broderie à réaliser. Mais les travaux pouvaient être à usage domestique, pour des cadeaux ou un trousseau. Les fillettes s'initiaient dès l'âge de 10 ans avec l'aide de leur mère, d'une grande soeur, d'une voisine, ou à défaut, avec l'entrepreneuse.


Antan

Mairie-Ecole 1906

Le village est un véritable fief de montagne qui n'oublie pas la dureté de la vie d'antan. Au début du XIXe siècle, il y avait à Servance : six moulins à blé, une scierie mécanique de granit, trois scieries de bois, deux tissages de cotons à bras, une tannerie et une fabrique d'horlogerie. C'est en 1209 qu'apparaît la première mention de Servance, sous la forme "Serevans". Le village était un territoire pauvre et peu habité, on n'y comptait en 1420, 23 ménages. Le premier recensement détaillé de la population de Servance remonte à 1657, avec 1 017 personnes, comprenant le Haut-du-Them et Miellin, alors rattachés à Servance. Ce fut le plus faible peuplement répertorié. La population était rurale, sortant tout juste de la Guerre de Trente Ans, qui ravagea la Franche-Comté de 1635 à 1644, raison pour laquelle en Franche-Comté elle est dite "Guerre de Dix Ans". Elle avait causé 50% de pertes dans la population, et la moitié des habitants de Franche-Comté avaient disparu, victimes des massacres, de la famine et d'une terrible épidémie de peste : la province, qui en 1614 comptait 410 000 habitants, n'en avait plus qu'à peine 200 000 !
"Pour rappel, il faut savoir que Nous, Francs-comtois, allons devenir Français par le traité de Nimègue en 1679. Il aura fallu à Louis XIV deux guerres successives pour venir à bout des Comtois, qui restèrent longtemps attachés, non pas à l'Espagne, mais à l'Empire Germanique".
L'église avait été détruite, puisque le bâtiment actuel date de 1689, le cimetière étant seul rescapé de la guerre. Les gens, pauvres, vivaient dans des habitations aujourd'hui disparues, et les grosses bâtisses dîtes "châteaux", datent du siècle suivant (XVIIIe). Le cahier de doléances de 1789 écrit : "la paroisse de Servance est composée de granges et de hameaux éloignés les uns des autres, situés dans la montagne". Il en est de même de nos jours !
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Servance va se peupler considérablement, la population va atteindre en 1790, 3 900 personnes. Servance devait alors figurer parmi les très gros bourgs de la province. En parallèle, Vesoul (actuelle préfecture) comptait 5 844 habitants, Luxeuil-les-Bains 3 100 et Lure (sous-préfecture) 2 015. Puis la progression continue, en 1815, Servance compte 4 357 habitants. Mais en 1816-1817, une épidémie de typhus causa d'énormes pertes, il fallut déplacer le cimetière paroissial, devenu trop exigu. En 1821, Miellin prend sa liberté et Servance perd 15% de ses habitants (en 1824 Miellin compte 699 habitants). Servance s'accroît également au niveau industriel, le dénombrement de 1828 fait état de 13 moulins, 5 scieries et 2 tissages. Le 16 juillet 1828 Servance compte 4 689 habitants, population maximale, englobant le Haut-du-Them, qui fait toujours partie de Servance à cette époque.


 






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