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les Hautes Chaumes et les Marcaires



le plateau

LES HAUTES CHAUMES

les Hautes Chaumes du Ballon de Servance

Il s'agit de terrains gagnés sur la forêt, appelés pelouses des sommets. Il n'en existe que peu d'exemplaires : le sommet du Ballon de Servance, le grand pré de Bravouse et le sommet du Beurey, en direction du Ballon d'Alsace. On y remarque une flore caractéristique : le feuillage vaporeux et parfumé du fenouil des Alpes, l'arnica jaune foncé, les bleuets de montagne d'un bleu très profond, la pensée des Vosges, typique des chaumes, aux couleurs très variables, du violet foncé au jaune vif, mais aussi le minuscule orchis blanchâtre, abondant, mais dissimulé par sa faible taille et sa floraison éphémère.
La "Grande Gentiane" à fleurs jaunes a trouvé un terrain de prédilection sur les hautes chaumes, plante protégée, connue pour ses vertus médicinales, et utilisée pour la confection de boissons apéritives par macération de sa racine dans l'alcool, ou digestives par distillation de ses racines broyées, et fermentées. Nos aïeux l'observaient, et en déduisaient deux dictons annonciateurs de l'hiver : "Plus tôt gentiane se fane, plus vite l'hiver s'installe", renseignant sur la précocité de l'hiver ; et "Plus haut gentiane se dresse, plus la couche de neige sera épaisse", indiquant la quantité de neige pour l'hiver suivant.
Aujourd'hui encore, bon nombre de randonneurs pédestres et de montagnards, à la fin de l'été, observent la gentiane !
Sur ces pelouses d'altitude niche le merle à plastron, on peut l'apercevoir dès que la neige commence à fondre, et laisse entrevoir les premières herbes, au début du mois de mars. Jusqu'au début du siècle, ces pelouses ont fourni un fourrage de qualité, récolté à la main, descendu à dos d'hommes sur des claies, à raison de 80 kilos par charges, jusqu'aux villages voisins. Le lait des vaches était traité dans des marcairies, il en subsiste une ruine près du col du Beurey.


LES MARCAIRES

Sur ces pâturages, il y avait plusieurs maisons grossièrement bâties où les pâtres dormaient. Les seaux et les baquets étaient en bois pour la traite, le transport du lait et du petit-lait, et les formes à fromages fabriquées sur place.
Dans la maison à taille basse, le matériel était rudimentaire : un établi pour la salaison des fromages, le couloir (sorte d'entonnoir ventru en bois ) dans lequel un tampon de jalousie débarrassait le lait de ses impuretés, une épée en bois pour diviser le caillé. Dans un coin de la bâtisse, quelques assises de pierre constituaient le foyer au-dessus duquel était suspendu le chaudron de cuivre où chauffait le lait. Le mobilier en bois était sommaire, tables, bancs, cadres en planches garnies de paille ou de feuilles mortes constituaient les lits !
La montée à l'alpage des marcaires était un événement. La maîtresse vache portait autour de son large collier de cuir, la plus belle et plus grosse sonnaille, véritable petite cloche. En marche, elle faisait un accord de contrebasse au milieu des tintements aigus des autres animaux du troupeau. La "sonnaille" s'entendait de très loin et servait de ralliement au troupeau dispersé, les clarines, de petites tailles, servaient au pâtre pour retrouver les vaches égarées (très fréquent).


 






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