Bataillon de Choc
La Côte 820
Le 4 octobre 1944, à 1h du matin, le Bataillon de Choc stationné à Servance se met en marche en direction de Miellin par la route de la Grève. A 2h commence l'escalade de la montagne"Le Cornu". La pente est abrupte, les soldats grimpent lentement et en silence. A 5h, ils sont sur la crête, il pleut. Après un repos d'1h30, la progression continue, et brusquement de violentes explosions retentissent. Il s'agit de l'artillerie française qui tire trop court. Deux blessés graves sont évacués ! A 7h, la marche reprend dans cette forêt sombre où, derrière chaque arbre, peut se cacher un Allemand... A 8h, au sortir de la forêt, au pied du piton 820, des coups de mitrailleuses retentissent. Le lieutenant Crespin hurle : "à l'assaut !". Ça tire de partout, les soldats arrivent sur le piton, mais déjà l'ennemi contre-attaque. Le lieutenant Durieux est tué. Les Allemands essaient d'encercler le Bataillon de Choc, les fusils-mitrailleurs et les mitraillettes crachent sans arrêt. Les Allemands sont à 30m, la pluie qui tombe diminue la visibilité, on y voit très mal. De Vissec est tué, une balle explosive dans la tête, c'était un des meilleurs parmi les anciens. Le flanc droit est nettoyé à la grenade... Il est 10h30 Schlumberger est touché, une balle en pleine poitrine, mort sur le coup. Bouisseau prend sa place dans le trou avancé, puis Michel Brousse va le relever. En sortant du trou, Bouisseau s'effondre, touché au ventre. Brousse vide un chargeur en direction du buisson où se cachait l'ennemi. Puis accroché au cou de Michel brousse, le blessé est conduit vers le toubib. "Blessure au foie par balle explosive, rien à faire", il est mort 1/2h plus tard. Pendant ce temps, Brecourt recevait une balle dans la tête et restait couché sur son fusil-mitrailleur. A 13h un groupe donne l'assaut sur la gauche, les Allemands affolés décrochent en laissant 30 des leurs sur le terrain. Ils se replient sur le piton suivant, à 1 800m de là. Le lendemain 5 octobre 1944, le Bataillon pu redescendre, pendant une accalmie, les corps des 5 soldats tués, déposés à la Mairie de Servance. (Récit de Michel Brousse)

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